Une réunion de CSSCT se termine, et chacun repart avec sa propre version.
Qui était présent, qui doit agir, et pour quelle date ? Voici le contenu obligatoire du compte rendu de la CSSCT, et une trame simple pour le rédiger.
Compte rendu de CSSCT : ce qu’il doit contenir et comment l’organiser
Est-il obligatoire ?
Le Code du travail impose au CSE de consigner ses délibérations dans un procès-verbal, établi par son secrétaire. Cette obligation concerne les réunions du CSE.
Elle ne s’applique pas automatiquement aux réunions de la commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT). Celle-ci suit des règles distinctes.
Le CSE peut déléguer à la CSSCT tout ou partie de ses attributions relatives à la santé, à la sécurité et aux conditions de travail.
La CSSCT ne peut pas exercer les attributions consultatives du CSE ni décider seule de recourir à une expertise.
Selon les missions qui lui sont confiées, la commission peut notamment :
- réaliser des inspections
- enquêter après un accident du travail
- analyser les risques professionnels
- suivre les actions de prévention
Cette délégation ne retire pas au CSE ses propres compétences. Le comité reste seul compétent pour rendre les avis obligatoires et décider de recourir à une expertise.
Votre compte rendu doit donc distinguer clairement une proposition de la commission d’une décision ou d’un avis adopté par le CSE.
La CSSCT est obligatoire dans les entreprises et établissements distincts d’au moins 300 salariés. Elle l’est aussi dans les établissements comprenant au moins une installation nucléaire de base ou une installation classée Seveso seuil haut.
Ce que fixent les règles internes
L’accord d’entreprise peut fixer le nombre de CSSCT, leurs missions, leurs modalités de fonctionnement, les heures de délégation et les moyens accordés. Il peut aussi exiger un document écrit après chaque réunion.
Sans accord collectif, c’est le règlement intérieur du CSE qui organise le fonctionnement de la commission. Il précise le rédacteur, le contenu attendu, le délai de remise, les destinataires, la procédure de validation et les règles de diffusion.
Si l’accord d’entreprise ou le règlement intérieur du CSE impose un compte rendu, cette exigence devient une obligation interne. Le document doit alors respecter le formalisme prévu.
Vérifier les règles qui s’appliquent à votre CSSCT
- Lire l’accord d’entreprise et le règlement intérieur du CSE pour savoir si un compte rendu est exigé.
- Repérer qui rédige le document, ce qu’il doit contenir et dans quel délai il doit être remis.
- Vérifier les destinataires et les règles de diffusion prévues.
- Respecter le formalisme imposé, s’il existe.
Compte rendu de CSSCT et procès-verbal du CSE : deux documents distincts
Le rôle de chacun
Le compte rendu de CSSCT retrace le travail de la commission : constats de terrain, analyse d’un risque, échanges avec la direction, propositions et actions à suivre. Son contenu dépend de l’accord d’entreprise ou du règlement intérieur du CSE.
Le procès-verbal du CSE peut reprendre les travaux de la CSSCT. Cela vaut quand ils éclairent une délibération, une consultation ou une décision du comité. Mais le compte rendu de CSSCT ne remplace jamais la mention d’un avis ou d’une résolution adoptés par le CSE.
En pratique :
- Compte rendu de CSSCT : il suit les travaux de la commission et prépare la restitution au CSE.
- Procès-verbal du CSE : il formalise les délibérations, avis et décisions du comité.
Articuler les deux instances
Un avis obligatoire doit être adopté par le CSE lui-même. Une discussion en CSSCT peut préparer cet avis, mais elle ne vaut pas consultation valable du comité.
Pour éviter toute confusion, intitulez le document « Compte rendu de la réunion de la CSSCT ». Réservez le terme « procès-verbal » aux réunions du CSE, sauf si votre accord interne emploie une autre terminologie.
Quelles mentions faut-il retenir ?
Identifier la réunion
Le lecteur doit comprendre tout de suite quelle réunion s’est tenue, dans quel cadre et avec quels participants. Reprenez d’abord les mentions imposées par l’accord ou le règlement intérieur.
Indiquez au minimum :
- Intitulé : « Réunion de la CSSCT », avec le nom de l’établissement ou du périmètre concerné si nécessaire.
- Date et horaires : date, heure d’ouverture, suspensions éventuelles et heure de clôture.
- Lieu ou modalité : salle, visioconférence ou réunion mixte.
- Présidence : la CSSCT est présidée par l’employeur ou son représentant.
- Participants : membres présents, absents et excusés, avec la qualité de chacun.
- Personnes invitées : médecin du travail, responsable du service de prévention et de santé au travail, agent de contrôle de l’inspection du travail ou agent d’un organisme de prévention, selon les sujets traités.

La qualité des participants compte. Elle permet de distinguer un membre de la commission, un représentant de la direction, un expert, un salarié invité ou un intervenant extérieur.
Restituer les échanges utiles
Reprenez l’ordre du jour prévu, puis indiquez les points effectivement examinés. La comparaison montre d’un coup d’œil les sujets traités, reportés ou ajoutés en séance.
Pour chaque sujet, séparez trois éléments :
- Constat : fait observé, document présenté, résultat d’une visite ou situation signalée.
- Échange : question posée, réponse apportée, précision demandée ou désaccord exprimé.
- Proposition : mesure de prévention, enquête, inspection, demande de document ou action corrective.
Un compte rendu utile ne retranscrit pas chaque phrase prononcée. Il restitue ce qu’il faut pour comprendre le problème, la réponse et la suite attendue. Une hypothèse ne devient pas une décision.
Les constats restent factuels. Écrivez « le garde-corps présente une fixation desserrée lors de la visite du 12 octobre », et non « l’installation est dangereuse », sauf si une évaluation compétente a établi cette conclusion.
Pour un point reporté, indiquez le sujet, le motif du report et la prochaine étape prévue. Un report sans explication rend le suivi difficile et peut masquer une action urgente.
Formaliser les décisions et les votes
Lorsqu’un vote intervient dans le cadre prévu par les règles internes, indiquez la question soumise, le résultat et la portée de la décision. Si le règlement intérieur l’exige, précisez séparément les votes favorables, les votes contre et les abstentions.
Un vote de la CSSCT ne vaut pas automatiquement avis du CSE. Si le sujet relève d’une consultation obligatoire ou d’une expertise, mentionnez la transmission au CSE et l’étape qui reste à accomplir.
Vérifier le compte rendu avant de le valider
- Intitulé, établissement et date figurent en tête du document.
- Heure d’ouverture, suspensions et heure de clôture sont renseignées.
- Chaque membre est classé présent, absent ou excusé, avec sa qualité.
- Chaque sujet indique le constat, l’échange et la proposition.
- Chaque vote indique la question, le résultat et la portée de la décision.
- Le passage au CSE est noté lorsqu’une consultation obligatoire est en jeu.
Comment rédiger et suivre les actions ?
Construire une trame stable
Une trame constante réduit les oublis. Elle accélère aussi la relecture. Elle suit le déroulement de la réunion. Puis elle transforme chaque engagement en action vérifiable.
Organisez le document ainsi :
- Identification de la réunion : date, horaires, lieu, objet et participants.
- Ordre du jour : points prévus, points ajoutés et sujets reportés.
- Sujets examinés : un sous-titre par question de santé, de sécurité ou de conditions de travail.
- Constats et documents présentés : faits observés et pièces examinées.
- Échanges : questions, réponses, réserves et demandes de précision.
- Propositions et décisions : mesure retenue, proposition à transmettre au CSE ou vote éventuel.
- Plan d’action et clôture : responsable, échéance, état d’avancement et preuve attendue, puis reports, prochaine réunion et sujets à préparer.
Décrire chaque action

Chaque action doit pouvoir être vérifiée.
Indiquez :
- Action : par exemple, actualiser la consigne d’évacuation du bâtiment B.
- Responsable : direction du site ou service identifié.
- Échéance : date convenue en réunion, à distinguer d’une simple priorité.
- Justificatif attendu : nouvelle consigne, rapport de contrôle, photographie ou compte rendu de visite.
- État : à lancer, en cours, réalisée ou bloquée, avec le motif du blocage.
À la réunion suivante, reprenez les actions non terminées dans une rubrique dédiée. Indiquez la nouvelle échéance. Si l’action reste bloquée, notez la décision prise.
Vérifier chaque action avant de clore la réunion
- Chaque action a un responsable nommé, direction du site ou service identifié.
- L’échéance est une date convenue en réunion, et non une simple priorité.
- Le justificatif attendu est précisé avant la fin de la réunion.
- L’état est renseigné : à lancer, en cours, réalisée ou bloquée.
- Le motif du blocage est noté pour toute action bloquée.
Qui rédige, qui valide, et dans quel délai ?
Répartir les rôles
Le Code du travail désigne le secrétaire du CSE pour établir le procès-verbal des réunions du comité. Il ne désigne pas automatiquement un secrétaire de CSSCT chargé de rédiger un compte rendu à chaque réunion.
L’accord ou le règlement intérieur peut confier la rédaction au secrétaire du CSE, à un rapporteur de la CSSCT, à un membre désigné ou à un prestataire extérieur. Il peut aussi prévoir une validation conjointe par le président et le rapporteur.
Le rédacteur travaille à partir de notes structurées, des documents remis en séance et, si cela est autorisé, d’un enregistrement. Une relecture permet de vérifier les noms, dates et échéances, sans réécrire le sens des échanges.
Prévoyez aussi une procédure en cas de désaccord :
- Le participant signale précisément le passage contesté.
- Le rédacteur vérifie les notes ou le support autorisé.
- La correction distingue une erreur matérielle d’une divergence d’interprétation.
- Le document final conserve la formulation adoptée par l’instance compétente.
Respecter les délais
Pour le procès-verbal du CSE, l’accord applicable fixe le délai et les modalités de rédaction. À défaut d’accord, le secrétaire dispose de quinze jours, conformément à l’article R. 2315-25 du Code du travail.

| Document ou situation | Délai applicable | Point de départ ou limite | Conséquence pratique |
|---|---|---|---|
| Compte rendu de CSSCT | Délai prévu par l’accord ou le règlement intérieur | Date de la réunion, sauf clause différente | Appliquer la règle interne et transmettre le document aux destinataires prévus. |
| Procès-verbal ordinaire du CSE, à défaut d’accord | 15 jours | Réunion concernée | Transmission à l’employeur et aux membres du comité. |
| Procès-verbal du CSE si une nouvelle réunion intervient dans les 15 jours | Avant la nouvelle réunion | Date de la prochaine réunion | Le procès-verbal doit être transmis avant cette réunion. |
| Consultation sur un projet de licenciement économique collectif | 3 jours, ou 1 jour en redressement ou liquidation judiciaire | Réunion concernée | Le délai spécial remplace le délai ordinaire de 15 jours. |
Un retard dans le compte rendu de CSSCT peut désorganiser la préparation de la réunion suivante. Il ne le transforme pas en procès-verbal légal du CSE. Le non-respect d’une clause interne peut en revanche créer une difficulté de fonctionnement ou de preuve.
Vérifier le rédacteur et le délai avant la réunion
- Relire l’accord ou le règlement intérieur pour savoir qui rédige le compte rendu et dans quel délai.
- Repérer la date de la prochaine réunion, qui fixe la limite si elle intervient avant la fin du délai.
- Prévoir la transmission du document aux destinataires prévus par la règle interne.
Comment transmettre et diffuser le compte rendu ?
Transmettre au CSE
Transmettez le compte rendu aux destinataires prévus par l’accord ou le règlement intérieur. Le CSE figure généralement parmi eux. La CSSCT agit par délégation et doit lui rendre compte.
La transmission peut accompagner les documents préparatoires de la réunion du CSE. Le document distingue alors les mesures déjà suivies par la CSSCT des sujets soumis à une décision du comité.
Maîtriser la diffusion
L’article L. 2315-35 du Code du travail ne prévoit pas la diffusion automatique aux salariés du compte rendu de CSSCT. Il vise le procès-verbal du CSE après son adoption. Avant tout envoi large, vérifiez donc la clause interne applicable.
Les documents doivent respecter le secret professionnel et l’obligation de discrétion. Les informations que l’employeur présente comme confidentielles ne doivent pas sortir du cercle des destinataires habilités.
Vérifier avant tout envoi large
- Relire la clause interne sur la diffusion, dans l’accord ou le règlement intérieur.
- Repérer les informations que l’employeur présente comme confidentielles.
- Limiter l’envoi aux seuls destinataires habilités.
- Séparer les mesures suivies par la CSSCT des sujets soumis à une décision du CSE.
Une fois adopté, le procès-verbal du CSE peut être affiché ou diffusé dans l’entreprise par le secrétaire du comité, selon les modalités du règlement intérieur. Cette règle ne s’étend pas automatiquement au compte rendu de CSSCT.
Peut-on rédiger le compte rendu à partir d’un enregistrement ?
Vérifier le cadre

Le Code du travail prévoit l’enregistrement ou la sténographie des séances du CSE. Cela facilite l’établissement du procès-verbal. La décision peut venir de l’employeur ou de la délégation du personnel. Une exception existe si des informations sont présentées comme confidentielles.
Cette disposition vise les séances du CSE. Le Code du travail ne crée pas d’obligation générale d’enregistrer les réunions de CSSCT ni ne fait de l’enregistrement une condition de validité du compte rendu.
Avant d’enregistrer une réunion de CSSCT, vérifiez donc :
- l’accord applicable à votre entreprise, qui peut encadrer l’enregistrement
- le règlement intérieur, qui fixe les règles de fonctionnement de vos réunions
- les règles de confidentialité, à appliquer dès l’ouverture de la séance
- l’information des participants, qui doivent savoir qu’une séance est enregistrée
Précisez la finalité du fichier, ses destinataires, sa durée de conservation et les conditions de sa suppression.
Avant d’enregistrer
- Vérifier l’accord applicable et le règlement intérieur
- Appliquer les règles de confidentialité dès l’ouverture
- Informer chaque participant qu’une séance est enregistrée
- Préciser la finalité, les destinataires, la durée de conservation et la suppression du fichier
Utiliser le support pour rédiger
L’enregistrement sert à vérifier la fidélité du document. Il ne sert pas à créer un second procès-verbal parallèle. Il ne sert pas non plus à contrôler le déroulement des échanges. Le procès-verbal du CSE reste de la responsabilité du secrétaire du comité.
Le compte rendu final doit rester lisible et synthétique. Conservez les formulations exactes pour une décision, une réserve ou une réponse qui engage clairement un participant. Résumez ensuite les échanges répétitifs.
Quelles sources officielles vérifier ?
Commencez par ces références :
- Article L. 2315-34 du Code du travail : obligation de consigner les délibérations du CSE dans un procès-verbal, transmission à l’employeur et possibilité de recourir à l’enregistrement ou à la sténographie.
- Article D. 2315-26 du Code du travail : transmission du procès-verbal dans les quinze jours, avant la réunion suivante lorsqu’elle intervient pendant ce délai, et délais particuliers en matière de licenciement économique.
- Article L. 2315-36 du Code du travail : entreprises et établissements dans lesquels la CSSCT doit être créée.
- Article L. 2315-38 du Code du travail : missions déléguées à la CSSCT et limites liées aux consultations et à l’expertise.
- Articles L. 2315-39 et L. 2314-3 du Code du travail : composition de la commission, présidence et personnes pouvant participer aux réunions.
- Article L. 2315-41 du Code du travail : contenu de l’accord fixant les missions et les modalités de fonctionnement de la CSSCT.
Vérifier ces points avant la réunion
- Relire chaque article sur Légifrance pour confirmer qu’il est toujours en vigueur à la date de la réunion.
- Contrôler dans l’accord d’entreprise ou d’établissement les missions et le fonctionnement de la CSSCT, car il précise ce que les articles laissent ouvert.
- Vérifier la composition de la commission et la personne qui la préside au regard des articles L. 2315-39 et L. 2314-3.
- Noter le délai de transmission du procès-verbal avant de fixer la date de la réunion suivante.
Avant la prochaine réunion, reprenez les actions restées ouvertes dans une rubrique dédiée, avec leur nouvelle échéance ou la décision prise si elles sont bloquées. Ce geste fait du compte rendu un outil de suivi, et non un simple registre des échanges.
Foire aux questions
Le compte rendu CSSCT a-t-il la même valeur qu’un procès-verbal du CSE ?
Non. Le procès-verbal du CSE consigne les délibérations du comité, alors que le compte rendu de CSSCT restitue les travaux de la commission.
Son contenu et ses règles de rédaction dépendent de l’accord d’entreprise ou du règlement intérieur du CSE.
La CSSCT peut-elle prendre une décision à la place du CSE ?
Non, la CSSCT agit uniquement dans le périmètre des missions qui lui sont déléguées.
Elle ne rend pas les avis obligatoires du CSE et ne décide pas seule de recourir à une expertise.
Faut-il conserver les notes prises pendant la réunion ?
Le Code du travail ne fixe pas de durée générale de conservation des notes de réunion de CSSCT. Définissez une règle interne qui tienne compte de la confidentialité des échanges et du suivi des actions.
Définissez une règle interne qui tienne compte de la confidentialité des échanges et du suivi des actions.
Le compte rendu peut-il remplacer le document unique d’évaluation des risques ?
Non, le DUERP reste un document distinct, établi et mis à jour par l’employeur.
Le compte rendu peut consigner une observation ou une demande de mise à jour, sans le remplacer.
Une personne extérieure peut-elle rédiger le compte rendu ?
Oui, si l’accord applicable, le règlement intérieur ou l’organisation retenue par le CSE le permet.
Cette personne ne doit recevoir que les informations nécessaires à sa mission et respecter la confidentialité des échanges.





